top of page
ChatGPT Image 1 juin 2026 à 11_35_40.png

Conception : François Pérache et Thomas Pouget

Texte : François Pérache

Mise en scène : Thomas Pouget

Avec : Grégoire Le Stradic, Thomas Pouget, en cours...

Production : La Joie Errante

En partenariat avec la MSA du Languedoc.

Soutiens (en cours)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IMPOSSIBLE DÉBAT, UN POSSIBLE SPECTACLE​

 

Le sujet du loup est un des plus clivants du monde agricole.

De véritables « camps » (« pro » et « anti ») s’opposent sur les réseaux, dans les médias, sur le terrain, dans les assemblées politiques ou associatives. Un responsable aguerri d’une administration publique en lien avec le monde agricole nous dit « Le Loup, c’est, de loin, le sujet le plus sensible ».

Cependant, la plupart des acteurs impliqués témoignent que les prises de position s’affinent toujours au contact de la réalité du terrain et des échanges (parfois tendus, rarement impossibles) avec les représentants du « camp adverse » : un militant écologiste témoigne qu’un séjour prolongé en estive, auprès du troupeau, lui a fait prendre conscience de l’angoisse d’une nuit de veille sous la menace d’une attaque de meute ; une éleveuse lourdement prédatée parvient à dire que le loup peut trouver sa place…

 

L’ambition de À la gorge est d’utiliser ce lien d’écoute et de parole qu’est le théâtre pour participer à ces échanges.

 

 

L’ONDE DE CHOC DE LA PRÉDATION

 

Un précédent spectacle de la compagnie, Vacarme(s), abordait notamment la question du suicide paysan : nous avions déjà été confrontés à des récits poignants d’agriculteurs et de leurs proches mais le travail de collecte engagé autour du spectacle sur la prédation semble porter une charge émotionnelle encore plus forte. Plusieurs éleveurs racontent les attaques subies sur « leurs » bêtes les larmes aux yeux.

Au-delà de l’impact économique, la prise en compte humaine, psychologique, sociale, familiale, de la souffrance des éleveurs et éleveuses est un préalable à tout dialogue.

 

Si le titre du spectacle place l’éleveur au centre du récit, en soulignant les conséquences multiples, durables, visibles et invisibles de l’onde de choc que constitue une attaque sur un troupeau, À la gorge porte un double regard sur la question de la prédation : celui de l’éleveur et celui du loup.

LA LIMITE DU SYSTÈME PRODUCTIVISTE ET LA PART DU SAUVAGE

 

Tout en relatant l’histoire emblématique d’un éleveur du Massif central, le spectacle s’attachera à comprendre en quoi la question de la prédation cristallise des débats beaucoup plus larges.

Pendant des siècles, les éleveurs avaient appris à contrôler la présence du loup dans un modèle d’agriculture familial et d’économie de subsistance : le loup y était un aléa maîtrisé ; après des décennies d’éradication, le ‘’retour’’ du loup est vécu comme insupportable dans une économie devenue entre-temps ultra-productiviste et normée. Déjà confrontés aux aléas climatiques et économiques, beaucoup d’agriculteurs perçoivent la prédation, comme le ‘’problème de trop’’, qui plus est ‘’évitable’’ : le loup devient le révélateur d’un système de production qui ne supporte plus l’absence de maîtrise.

Par la fascination qu’il exerce, le canidé incarne la forme la plus contemporaine de notre rapport au sauvage, réel ou fantasmé ; ce grand prédateur vient remettre en cause la place de l’homme à la tête de la chaîne alimentaire.

La prédation du loup sur les troupeaux nous renvoie, par effet miroir, à la prédation de l’Homme sur la nature.

LES PRINCIPES NARRATIFS

 

La pièce s’ouvre au début du mois de septembre par un incident grave au moment où JULIEN VIDAL vient faire un esclandre dans la réunion publique animée par LUCAS VIALLET, agent de l’OFB. C’est le point de départ du récit dont l’agent OFB sera un des deux narrateurs : il raconte la descente aux enfers de JULIEN qu’il connaît depuis que l’éleveur a subi sa première attaque, deux mois plus tôt.

Parallèlement, une autre narratrice partagera avec LUCAS, le récit de la vie de JULIEN : la LOUVE qui a mené les attaques contre son troupeau (et dont le mâle est abattu au cours de la pièce).

Elle connaît parfaitement JULIEN. Sur le terrain, éleveurs, chasseurs ou éthologues (spécialistes du comportement animal) soulignent l’extraordinaire capacité d’observation des loups : ils surveillent des jours et des nuits entières leur territoire et connaissent parfaitement les habitudes des troupeaux et des éleveurs qu’ils attaquent.

 

L’histoire de JULIEN et MARION nous sera donc racontée aux travers de nombreuses scènes avec leurs divers interlocuteurs, ainsi que par les récits croisés de LUCAS et de la LOUVE.

L’HISTOIRE

 

C’est l’histoire d’un éleveur de brebis que le combat contre le loup isole progressivement de ses collègues, de ses voisins et de sa famille jusqu’à l’amener au bord du précipice, avant un sursaut salvateur.

 

L’action se déroule par un été caniculaire (les incendies menacent) entre le 15 juin et le 15 septembre, en Margeride (Nord-Lozère), au bord du ruisseau Altaret, non loin de la ligne de partage des eaux entre Rhône, Garonne et Loire.

 

JULIEN VIDAL (42 ans), sa femme MARION (35 ans) et leur fille LOUISE (8 ans) élèvent 200 brebis laitières Lacaune, depuis une dizaine d’années. Ils transforment une partie du lait à la ferme et vendent leur production de fromage sur le marché local. Le travail est difficile mais source de fierté, l’exploitation tourne bon an, mal an.

La ferme la plus proche est celle de ROLAND (dit « Planplan », 65 ans, célibataire) à 1km environ ; ROLAND gère, plus laborieusement, un élevage  modeste et vieillissant de veaux.

que-faire-face-patou-randonnee-2-e1691568847541.webp
bottom of page